Morning Chronicle - La grande distribution se rebiffe et se pose en défenseur du pouvoir d'achat

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La grande distribution se rebiffe et se pose en défenseur du pouvoir d'achat
La grande distribution se rebiffe et se pose en défenseur du pouvoir d'achat / Photo: Simon WOHLFAHRT - AFP

La grande distribution se rebiffe et se pose en défenseur du pouvoir d'achat

Les principales enseignes de la grande distribution lancent lundi une campagne de communication "inédite" censée démontrer leur rôle de défenseur du pouvoir d'achat, appelant le législateur à cesser l'"empilement" de "mesures" qui restreignent selon elles leur capacité de négociation sur les prix.

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Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs agro-alimentaires mènent des négociations, réputées brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs).

"Si demain la loi nous interdit de négocier les prix, qui protègera votre pouvoir d'achat ?", interrogent E. Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan et la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, leur lobby), sur une affiche dévoilée lundi en conférence de presse, avant son arrivée dans la presse et à l'entrée des magasins.

Cette affiche expose une sélection de 12 produits de grande consommation (Coca-Cola, café Carte Noire, Nutella, Petit écolier de Lu, etc) accompagnée d'un prix "avant" les négociations, de 71,49 euros, et "après", en vert, de 52,12 euros.

Sans négociations, ce panier "coûterait 37% plus cher", assurent dans un communiqué commun les enseignes.

Pour obtenir ce chiffre, elles ont transmis leurs "propres données séparément et confidentiellement à un tiers indépendant", notamment les hausses de tarifs réclamées par les industriels avant chaque négociation depuis 2021.

"Dans une période où les Français restent profondément marqués par l'inflation alimentaire, de près de 25% sur les dernières années, toute décision qui affaiblirait encore plus notre capacité de négociation se traduirait à la fin par des prix plus élevés" pour les consommateurs, a prévenu le PDG de Carrefour Alexandre Bompard.

En cause, des amendements au projet de loi d'urgence agricole, en cours d'examen, qui prévoient notamment de sanctionner certaines méthodes dénoncées par les industriels (diminutions de commandes lors des négociations) et d'obliger les distributeurs à les justifier par écrit.

La réduction des commandes pendant les négociations est "l'un des derniers leviers à notre disposition", a fait valoir Thierry Cotillard, le patron des Mousquetaires/Intermarché, redoutant d'entrer sur le terrain des prochaines négociations avec "un carton rouge".

Pour Philippe Michaud, président exécutif du mouvement E.Leclerc, "il est temps de remettre le consommateur au coeur des décisions".

Cette riposte intervient un mois après la publication d'un rapport par une commission d'enquête sénatoriale pointant des "pratiques abusives" des distributeurs, qui a fait l'effet d'un "détonateur fort" en atteignant "les limites de l'insupportable et de l'absurde", selon M. Bompard.

A.Davidson--MC-UK