Vol MH370 disparu: le procès en appel de Malaysia Airlines s'ouvre à Pékin
"Une colère immense": des proches de passagers chinois du vol MH370, disparu mystérieusement il y a 12 ans, ont demandé mardi des comptes à Malaysia Airlines, à l'ouverture à Pékin d'un procès en appel de la compagnie.
Le 8 mars 2014, un Boeing 777 du transporteur aérien, qui reliait la capitale malaisienne Kuala Lumpur à Pékin, disparaissait des écrans radars avec à son bord 239 personnes, dont une majorité de Chinois et quatre Français.
Les passagers, l'épave et les boîtes noires n'ont jamais été retrouvés. C'est l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation civile.
En décembre 2025, un tribunal de Pékin avait condamné Malaysia Airlines à verser 2,9 millions de yuans (377.000 euros) à huit familles de passagers chinois. Déçues notamment par l'absence de réponses sur le fond, deux avaient interjeté appel. D'autres avaient renoncé faute de temps ou d'énergie.
"Quand j'ai vu le jugement de première instance, j'ai eu l'impression que le tribunal insultait les familles des passagers, qu'il se moquait de nous", déclare mardi à l'AFP Li Eryou, 69 ans, avant de rentrer dans le palais de justice qui traite son appel.
La presse n'était pas autorisée à pénétrer dans le bâtiment.
- "La vérité" -
"En 12 ans, personne ne s'est jamais excusé auprès de nous. Je ressens une colère immense", souligne Li Eryou, dont le fils était à bord de l'avion.
"C'est une affaire internationale (...) Mais le juge de première instance, lui, l'a traitée comme un simple accident de transport en Chine (...) C'est pourquoi le montant des indemnités est très faible" comparé aux standards habituels, affirme-t-il.
Plusieurs théories ont été avancées pour la disparition de l'avion: suicide du pilote, détournement, tir de missile américain ou encore accident technique ayant privé l'équipage d'oxygène, l'avion poursuivant en pilotage automatique jusqu'à épuisement du carburant avant de s'abîmer en mer.
"La raison principale de cette procédure en appel, c'est que le tribunal (...) n'a pas mené une enquête approfondie sur les faits, et qu'il n'a pas relevé ni critiqué l'inaction de Malaysia Airlines" depuis 2014, déclare à l'AFP Jiang Hui, dont la mère était dans l'avion et qui représente les familles chinoises.
"Il s'est contenté de statuer sur le montant des indemnités, ce qui ne correspond pas à ce que les familles attendent vraiment", souligne-t-il, assurant que la principale revendication des proches, "c'est l'établissement de la vérité".
- Nouvelles recherches -
Des ressortissants de 14 pays se trouvaient dans l'avion, dont 50 passagers et membres d'équipage malaisiens. Il n'y a pas de recours de la part de proches de ces derniers devant la justice malaisienne, selon les vérifications de l'AFP.
De 10 à 20 dossiers de familles chinoises restent en suspens, notamment parce qu'elles n'ont pas demandé d'acte de décès, explique Jiang Hui.
La Malaisie a annoncé le mois dernier la prolongation jusqu'au 30 juin 2027 des nouvelles recherches menées par la société privée d'exploration Ocean Infinity.
La plus récente opération s'est déroulée en deux phases, à partir de mars 2025, mais la compagnie est revenue bredouille.
Jiang Hui dit "remercier" les autorités malaisiennes pout cette prolongation, tout en les appelant à autoriser les familles à organiser leurs propres recherches.
"L'avion ne va pas remonter tout seul à la surface, c'est seulement en le cherchant qu'on pourra le retrouver", souligne-t-il.
P.Andilet--MC-UK