Fin de la conférence Travail Emploi Retraites, des pistes sur la table pour candidats et partenaires sociaux
La conférence Travail Emploi Retraite, ouverte après la suspension de la réforme des retraites, a conclu vendredi ses travaux, avec un document final salué par les organisations patronales participantes et certains syndicats, dont la CFDT, mais rejeté par d'autres.
Point d'arrivée ou point de départ ? Après plus de six mois de discussions et deux mois de rédaction d'un document final par les trois garants des débats, ce long exercice de dialogue social, boycotté par la principale organisation patronale, le Medef, a abouti à la remise mercredi d'un rapport de près de 200 pages au Premier ministre.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a rappelé vendredi que cette conférence devait notamment servir à faire de la suspension de la réforme des retraites de 2023 un "temps utile" et s'est félicité qu'elle ait produit un "matériau structuré", invitant les partenaires sociaux à continuer à le travailler et les candidats à la présidentielle à se positionner sur les pistes esquissées par les garants.
Ceux-ci, après avoir constaté les consensus et dissensus sur différents sujets, proposent des "voies de passage", notamment la création d'un "âge d'équilibre" pour le système des retraites et une méthode pour mieux prendre en compte la pénibilité pour les retraites anticipées, sujet sur lequel avait buté le conclave en 2025.
Ce document "ne règle pas tous les désaccords entre nous" mais "dans une période où le débat public se résume souvent à rester en surface des sujets, il peut maintenant servir aux négociations qui peuvent encore s'ouvrir dans les prochains mois" entre syndicats et patronat, notamment sur l'emploi des jeunes et l'intelligence artificielle, a salué la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon.
La CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont globalement salué la démarche et le rapport final, avec quelques réserves, comme, côté patronal, l'U2P et les Entrepreneurs. Pour la CFTC, Frédéric Belouze a souhaité que ce travail collectif ne constitue pas un simple "social washing" (blanchiment social).
Plusieurs participants ont affirmé que l'investissement de "l'État employeur" n'avait pas été à la hauteur des enjeux, laissant les débats moins aboutis pour la fonction publique que pour le privé.
CGT, FO, FSU et Solidaires ont eux jugé que le rapport ne reflétait pas leurs revendications et que les positions des garants n'engageaient qu'eux.
"La CGT se dissocie complètement de ce rapport (...) co-écrit au service du Medef" et qui "oublie des domaines importants comme l'équilibre femmes-hommes", a vivement critiqué Denis Gravouil, membre de son bureau confédéral.
Y.Morris--MC-UK