Un nouvel incendie dans les Pyrénées-Orientales a parcouru près de 1.000 hectares
L'incendie qui s'est déclaré samedi vers 19H30 dans un massif difficile d'accès à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, a connu une progression rapide cette nuit en parcourant près de 1.000 hectares dimanche matin mais "n'est plus en propagation libre", selon la préfecture.
"Le feu n'est plus en propagation libre. Il a baissé en intensité" a déclaré dimanche matin, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, lors d'un point-presse.
Plus de 580 sapeurs-pompiers sont mobilisés sur le terrain pour lutter contre ce feu à environ 35 kilomètres à l'ouest de Perpignan et pour lequel les autorités n'ont à cette heure pas donné d'ordre d'évacuation.
"Le flanc gauche est contenu" et le feu a "considérablement ralenti" sur le flanc droit, "là où sa progression est la plus critique", notamment grâce aux largages des canadairs, qui ont repris leur ballet dimanche matin, a expliqué la préfecture.
Les pompiers "toujours au travail (...) ont déployé la stratégie d'attaque massive du feu et ont mis en place une technique de feu tactique pour empêcher le feu de progresser", a détaillé M. Regnault de la Mothe, dimanche matin.
Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département était repassé depuis samedi midi en vigilance orange canicule.
Les conditions météo restent défavorables dimanche: des rafales de vent jusqu'à 50 km/h sont attendues, ainsi que des températures pouvant grimper jusqu'à 38°C, avec un "taux d'humidité très bas", note la préfecture.
- Pas d'évacuation à ce stade -
Le feu "est contenu le long de la D2 entre Trévillach et Ille-sur-Têt, mais continue à se propager au sud", explique la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a ordonné la fermeture des routes départementales D2, D17 et D66 (entre Vinça et Ille-sur-Têt).
"Aucune évacuation générale n'a été donné" mais "les habitants des secteurs concernés sont invités à rester joignables et à suivre les consignes des autorités", recommande la préfecture.
Les autorités demandent à la population d'éviter "impérativement le secteur afin de faciliter le travail des secours".
Une cellule de crise a été déclenchée samedi soir en préfecture. Trois colonnes de renforts extra-départementaux sont déjà sur place et cinq autres ont été demandées, précisent les autorités.
Le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé pendant la nuit aux maires des communes environnantes, Rodès, Ille-sur-Têt et Montalba-le-Château, "de rassembler en mairie les habitants des habitations dispersées" afin de faciliter leur protection le cas échéant.
Des solutions d'hébergement d'urgence avaient été mises à disposition dès samedi soir à Ille-sur-Têt et Vinça et "une vingtaine de personnes ont déjà été accueillies sur la salle de repli d'Ille-sur-Têt", notent les services de l'Etat.
- "Aidez-nous", demandent les pompiers -
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d'être fixé par les pompiers vendredi.
Lors d'une conférence de presse vendredi soir en présence du préfet, le colonel Eric Belgioïno, directeur du Service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Orientales (SDIS 66) avait lancé un plaidoyer en faveur d'une vigilance extrême de la population pour éviter tout feu d'origine humaine.
"Il faut nous aider", avait-il lancé d'une voix fatiguée.
"Le changement climatique est présent. Les conséquences, on les vit. Et on n'est que début juillet, la saison va être longue pour les soldats du feu. Donc, aidez-nous en adoptant les bons comportements, et en faisant en sorte qu'il n'y ait pas de départs de feu", avait-il encore plaidé.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'était quant à lui dit vendredi "très inquiet" que la saison des feux ait commencé dans le pays avec "un mois d'avance", lors d'un déplacement sur le site d'un autre feu, dans le département voisin de l'Aude cette fois, qui avait parcouru 900 hectares en 48 heures.
Une surface importante - et déjà dépassée en superficie par le feu de Trévillach - mais presque dérisoire par rapport aux 17.000 hectares parcourus et 11.000 totalement détruits en août 2025 par l'"Ogre des Corbières", brasier qui avait ravagé le massif éponyme en août 2025, et dont le souvenir était ces derniers jours dans tous les esprits.
"La plus grande vigilance est requise sur l'ensemble du département au regard du risque incendie, particulièrement élevé aujourd'hui, avec un niveau exceptionnel sur l'ensemble de l'est du département", a souligné le préfet, M. Regnault de la Mothe.
E.M.Hall--MC-UK