Grèce: reprise du feu près d'Athènes, nouvelles évacuations
Les incendies faisant rage depuis quatre jours près d'Athènes menaçaient toujours lundi malgré la baisse des rafales de vents, avec une reprise du feu et de nouvelles évacuations.
Si les pompiers ont évoqué lundi matin une légère amélioration de la situation, le maire de la ville de Megara - à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la capitale et l'un des principaux fronts de ces incendies (pour l'essentiel de forêts) - a fait état d'une "reprise de feu intervenue dans l'après-midi".
"Alors que le vent a baissé dans la région, à Kandyli il y a toujours des rafales et des courants qui se créent à partir de l’air chaud qui monte vers le haut et on observe une reprise du feu", a indiqué à l'AFP Panagiotis Margetis.
"Le feu change sans cesse de direction" et il se rapproche vers "la zone industrielle" de Megara, ce qui est très dangereux", a-t-il ajouté, sur la chaîne publique Ertnews.
De nouvelles évacuations ont été ordonnées lundi en journée dans cette zone: "Si vous vous trouvez dans les localités de Louba, Morfeika et Ano Alepochori, en Attique Occidentale, évacuez-vous en direction de Mégara", ont annoncé les autorités.
Le bureau de presse des pompiers a confirmé à l'AFP que "le feu s’est intensifié". Mais "c'est normal, car il y a des foyers toujours actifs", a tempéré la même source.
- Carcasses d'acier carbonisées -
Dans la localité plus à l'ouest de Porto Germeno, collée à la mer et cernée par des montagnes aux flancs noirs carbonisés, l'incendie a clairement baissé d'intensité lundi, laissant les habitants faire un premier bilan des dégâts, a constaté un vidéaste de l'AFP.
Plusieurs bâtiments sur les hauteurs, maisons et bergeries en pierre, ont été détruites par les flammes. Devant une résidence au toit encore fumant, la carcasse métallique d'une voiture stationne au côté d'un petit bateau de plaisance qui lui n'a pas brûlé.
Les restes d'un camion, apparemment des pompiers si on en croit sa tourelle, finissent de se consumer sur la route bitumée, entre deux rangées de forêts aux feuillages carbonisés. Ici et là, des flammèches brulent encore. Au loin, un hélicoptère largue sa charge d'eau sur des foyers encore mal éteints dans la montagne.
"Dans la région et ses environs, plus de 250 maisons ont été détruites par les flammes. Cela en dit long", affirme l'ancien maire du village de Villia, voisin de Porto Germeno, Makrynоris Konstantinos.
Dans la matinée, le porte-parole des pompiers, Yannis Artopios, a parlé d'une "amélioration", mais a dit ne voir "absolument aucune raison de baisser la garde".
Au total 450 pompiers, 22 équipes de sapeurs-pompiers forestiers et 126 véhicules sont mobilisés pour lutter contre les flammes, tandis que 12 hélicoptères et 16 avions bombardiers d'eau apportent leur soutien aux secours au sol, selon les pompiers.
"Je dirais qu'il s'agit sans aucun doute de l'une des pires crises liées aux incendies auxquelles nous ayons dû faire face au cours des 8 à 10 dernières années", a estimé auprès de l'AFP Théodore Giannaros, chercheur à l'Observatoire national grec.
- Toujours l'"alerte générale" -
Si les vents, qui ont dépassé par moments les 100 km/h ces derniers jours dans cette région de l'Attique, ont notablement baissé, la hausse du mercure attendue ce mercredi (jusqu'à 37°C) risque de compliquer la situation.
Sur le flanc est des incendies, le feu a détruit essentiellement des zones arborées et de végétation sur les flancs montagneux. Mais il se rapprochait de zones habitées, selon les images diffusées en direct en fin d'après-midi par les TV grecques.
Le risque de départ de feux restera "très élevé" , classé niveau 4 sur une échelle en comprenant cinq, dans cette région de l'Attique, a prévenu la Protection civile, selon laquelle "le personnel des services d’incendie du pays reste en état d'alerte générale".
La Grèce, jusqu'à présent relativement épargnée par les grands feux en début de saison estivale contrairement à la France et l'Espagne, lutte pour la deuxième semaine d'affilée contre des feux qui ont ravagé des milliers d'hectares de forêts, maquis et terres agricoles.
En une semaine, plus de 12.000 hectares de forêts et de terres agricoles ont brûlé en Grèce atteinte de plein fouet par la crise climatique, comme l'ensemble du pourtour méditerranéen, selon des données publiées par des médias citant des analyses du programme européen Copernicus.
Trois pompiers ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions la semaine dernière ainsi qu'un pilote d'hélicoptère et son copilote, victimes dimanche d'une dramatique collision avec un autre appareil pendant qu'ils tentaient d'éteindre les flammes dans les environs de Psatha.
W.Dixon--MC-UK