Morning Chronicle - Le Bélarus et la Corée du Nord signent un "traité d'amitié et de coopération"

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Le Bélarus et la Corée du Nord signent un "traité d'amitié et de coopération"
Le Bélarus et la Corée du Nord signent un "traité d'amitié et de coopération" / Photo: STR - KCNA VIA KNS/AFP

Le Bélarus et la Corée du Nord signent un "traité d'amitié et de coopération"

Le Bélarus et la Corée du Nord ont signé jeudi un "traité d'amitié et de coopération" à l'occasion de la première visite officielle du président Alexandre Loukachenko à Pyongyang, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de violations des droits humains.

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"Nos économies sont complémentaires, nous avons besoin l’un de l'autre, et il faut qu’on avance dans cette direction", a déclaré M. Loukachenko, selon un communiqué de la présidence bélarusse.

Pour Kim Jong Un, "le nouveau traité interétatique sera la base juridique qui garantit à l'avenir le développement stable des relations bilatérales", rapporte le communiqué.

Le dirigeant bélarusse est en visite pour deux jours en Corée du Nord, où il a été reçu chaleureusement mercredi par M. Kim. "Les relations amicales entre nos pays, qui remontent à l'époque de l'Union soviétique, n'ont jamais été interrompues" et entrent "dans une phase fondamentalement nouvelle", s'est félicité M. Loukachenko.

Selon lui, le nouveau traité "expose clairement et ouvertement les objectifs, les principes de notre coopération, définit le cadre institutionnel des futurs processus mutuellement bénéfiques".

Minsk et Pyongyang ont apporté leur soutien à Moscou dans sa guerre en Ukraine: Pyongyang a envoyé des troupes terrestres et des armes, tandis que le Bélarus a servi de base de lancement pour l'invasion russe de 2022.

Alexandre Loukachenko et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un se sont déjà rencontrés en septembre à Pékin, où ils ont assisté à un défilé militaire.

La visite de M. Loukachenko en Corée du Nord vise à "montrer la solidarité" entre les nations opposées à l'ordre occidental, a estimé l'analyste sud-coréenne Lee Ho-ryung.

Les "puissants" dans le monde "ignorent et violent ouvertement les normes du droit international", a critiqué M. Loukachenko, selon un communiqué, dans une possible référence aux Etats-Unis notamment. "Les pays indépendants doivent donc coopérer plus étroitement (...) pour protéger leur souveraineté et améliorer le bien-être de leurs citoyens", a-t-il ajouté.

Dans une lettre adressée au dirigeant bélarusse début mars, M. Kim s'était dit "disposé à élargir et à développer les relations traditionnelles d'amitié et de coopération (...) pour les faire passer à un niveau plus élevé", selon KCNA.

Outre le traité d'amitié et de coopération, les deux parties vont s'engager à coopérer dans plusieurs domaines, allant de l'agriculture à l'information, a indiqué le chef de la diplomatie bélarusse, Maxim Ryzhenkov, cité par l'agence Belta.

- Répression -

La Corée du Nord fait l'objet de sanctions occidentales, principalement en raison de son programme d'armement nucléaire mais aussi à cause de son soutien à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine.

Les services de renseignement sud-coréens et occidentaux estiment que la Corée du Nord a envoyé des milliers de soldats en Russie, ainsi que des munitions.

Les analystes affirment que la Corée du Nord reçoit en échange de la Russie une aide financière, des technologies militaires, ainsi que des approvisionnements alimentaires et énergétiques.

Le président Vladimir Poutine s'y est rendu en 2024, permettant à Pyongyang de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine.

Les organisations internationales de défense des droits humains accusent le régime nord-coréen de torture, d'exécutions publiques, de création de camps de prisonniers et de travail forcé.

De son côté, Alexandre Loukachenko a sévèrement réprimé toute dissidence au cours de ses trois décennies au pouvoir et a rapproché son pays de la Russie. L'Occident a imposé de lourdes sanctions à Minsk pour avoir facilité l'invasion russe de l'Ukraine, ainsi que pour la répression des manifestations prodémocratie en 2020.

Mais le président américain Donald Trump a cherché à nouer des liens avec le Bélarus au cours de son second mandat, en assouplissant les sanctions et en l'accueillant au sein de son "Conseil de la paix".

Y.Morris--MC-UK