Morning Chronicle - L'Iran riposte à de nouvelles frappes américaines

London -

DANS LES NOUVELLES

L'Iran riposte à de nouvelles frappes américaines
L'Iran riposte à de nouvelles frappes américaines / Photo: SAUL LOEB - AFP

L'Iran riposte à de nouvelles frappes américaines

L'Iran a ciblé mercredi des intérêts américains au Moyen-Orient après que les Etats-Unis ont mené pour la deuxième fois en quelques jours des frappes contre Téhéran, qui ont fait notamment quatre morts lors d'un mariage d'après le Croissant-Rouge.

Taille du texte:

Mardi "à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la Révolution en Iran", a indiqué l'armée américaine sur le réseau social X.

Une fois cette vague de bombardements terminée, elle a précisé avoir ciblé "des sites de défense antiaérienne, des systèmes radar, des installations maritimes, des dispositifs de mines et des sites de communication".

L'Iran a dit avoir lancé une "opération décisive en riposte", visant "les bases et les intérêts américains dans la région" avec des missiles et des drones, a rapporté l'agence de presse d'Etat Tasnim.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont ensuite revendiqué avoir ciblé une base militaire américaine en Jordanie.

L'armée jordanienne a elle indiqué avoir détruit dix missiles tirés depuis l'Iran, ajoutant que trois autres se sont écrasés à l'écart de zones habitées, sans faire de blessés.

Le Koweït s'est également dit visé par des missiles et des drones, et des sirènes d'alerte ont retenti tôt mercredi matin à Bahreïn, selon des correspondants de l'AFP.

- Mariage -

Selon le Croissant-Rouge iranien, quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées pendant un mariage par une frappe américaine dans le sud du pays mardi, et une cinquantaine d'autres ont été blessées.

"A la suite d'une attaque américaine au missile, des éclats ont touché une habitation dans la ville de Kuhestak, dans le district de Sirik, où se déroulait une cérémonie de mariage", a-t-il écrit sur X.

Si Téhéran "riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort", a menacé Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social.

Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à un retour de la diplomatie, aujourd'hui au point mort.

Demandant aux Etats-Unis de respecter un compromis signé en juin et ayant presque aussitôt volé en éclats, il a plaidé: "Si les Etats-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d'accord (...), la République islamique d'Iran prendra immédiatement des mesures réciproques."

La télévision d'Etat iranienne a fait état mardi de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz. Elle a aussi rapporté des déflagrations sur l'île de Lavan, située dans le Golfe et qui abrite l'un des terminaux d'exportation de pétrole iranien.

- Le brut bondit -

Les médias d'Etat iraniens ont également rapporté qu'un aéroport du sud de l'Iran, dans la province de Kerman, avait été visé.

Les frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par "des projectiles d'origine inconnue", alors qu'ils sortaient de ce détroit hautement stratégique, selon l'agence maritime grecque Marisks.

Les cours des hydrocarbures ont bondi après ces nouvelles hostilités, le baril WTI américain repassant le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet, et le gaz européen se négociant au plus cher depuis plus de trois ans.

Les Etats-Unis avaient déjà mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne. L'Iran avait riposté en attaquant des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.

L'Iran veut prélever des droits de passage dans le détroit, où la navigation était libre avant le début du conflit.

Le gouvernement américain a lui promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours restent à préciser.

Les autorités iraniennes ont appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les Etats-Unis.

J.Ainsworth--MC-UK