Irak: des files d'attente pour l'essence sur fond de perturbation des importations
Des automobilistes ont formé samedi de longues files d'attente devant les stations-service à Bagdad, alors que les stocks d'essence diminuent en Irak en raison de perturbations des importations liées à la guerre au Moyen-Orient.
Bien que deuxième plus grand producteur de pétrole parmi les pays de l'Opep, l'Irak importe des produits pétroliers, ses raffineries ne produisant pas suffisamment d'essence pour répondre à la demande intérieure.
Alors que les hostilités dans la région se poursuivent, de longues files d'attente sont réapparues ces dernières semaines, principalement devant les stations-service publiques de Bagdad et dans d'autres provinces.
Vendredi, Ibrahim Hashem, un habitant de la capitale, a attendu deux heures devant une station-service sans parvenir à faire le plein, avant de revenir tôt le lendemain.
"Il est absurde que nous produisions autant de barils de pétrole par jour et que nous n'ayons toujours pas assez d'essence pour répondre à nos besoins quotidiens", a-t-il déclaré à l'AFP.
La consommation quotidienne moyenne d'essence en Irak s'élève à 33 millions de litres, mais la demande atteint 38 millions lorsque la population craint une pénurie, selon les autorités.
"Les événements régionaux et le conflit en cours entraînent des difficultés logistiques pour le transport maritime des carburants, retardant leur arrivée dans les ports irakiens", a prévenu vendredi le ministère du Pétrole.
Il a appelé les habitants à n'acheter que les quantités dont ils avaient besoin et à éviter d'affluer dans les stations-service pour de petites quantités d'essence.
Le ministre du Pétrole, Bassem Mohammed Khudair, a affirmé vendredi que son ministère s'employait à résoudre la "pénurie temporaire d'essence" et que de nouvelles cargaisons arriveraient prochainement pour stabiliser l'approvisionnement.
Comme d'autres producteurs, l'Irak est fortement affecté par le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, qui a paralysé le trafic dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Le pays dépend de ses exportations de pétrole, qui représentent environ 90% des recettes budgétaires.
Avant le début de la guerre fin février, l'Irak produisait environ quatre millions de barils par jour et en exportait en moyenne 3,4 millions, principalement via Ormuz.
Après une forte baisse, les exportations pétrolières irakiennes sont remontées à plus de 2,2 millions de barils par jour en août, selon les autorités.
Le mois dernier, l'agence iranienne IRNA a indiqué que Téhéran avait autorisé au cours des six derniers mois "un certain nombre de pétroliers irakiens" à franchir le détroit d'Ormuz.
P.J.Cole--MC-UK