Morning Chronicle - Après de cinglantes défaites électorales, le chancelier Merz au défi de se relancer

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Après de cinglantes défaites électorales, le chancelier Merz au défi de se relancer
Après de cinglantes défaites électorales, le chancelier Merz au défi de se relancer / Photo: John MACDOUGALL - AFP

Après de cinglantes défaites électorales, le chancelier Merz au défi de se relancer

Le chancelier Friedrich Merz doit tenter lundi de convaincre de sa capacité à diriger le pays, après d'humiliantes défaites électorales régionales la veille face à l'extrême droite et à la gauche radicale.

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Dans le nord-est du pays, au Mecklembourg-Poméranie occidentale, son parti conservateur la CDU ne parvient pas à se faire élire à l'assemblée régionale, n'atteignant pas la barre éliminatoire des 5%, une première dans l'histoire du pays depuis 1945.

Le parti antimigrants et prorusse Alternative pour l'Allemagne (AfD) est arrivé en tête avec environ 38% des voix, même si c'est une alliance de la gauche qui semble en meilleure position pour former l'exécutif régional.

A Berlin, la gauche radicale Die Linke (25%) devance la CDU (20%) et est en position de lui ravir la mairie. L'AfD est aussi en forte progression (environ 15%).

Ces deux défaites s'ajoutent à celle du 6 septembre face à l'AfD dans une autre région de l'Est, la Saxe-Anhalt, qui avait déjà déclenché une vague de spéculations sur un départ prématuré du chancelier.

- Rester chancelier -

Le dirigeant allemand a voulu mettre fin au débat sur son avenir politique en soulignant devant les caméras dès dimanche soir qu'il restait "président de la CDU" et "chancelier".

Il a promis de maintenir le cap de ses réformes pour relancer une économie en pleine stagnation, en raison d'un manque d'innovation, de la concurrence chinoise, de dépenses sociales croissantes et de l'inflation des prix de l'énergie à cause des guerres en Ukraine et au Moyen Orient.

Mais la finalisation de ces réformes traîne du fait notamment de disputes avec son partenaire au gouvernement, le parti social-démocrate (SPD), et de désaccords au sein du parti conservateur.

A cela s'ajoute des sorties jugées désobligeantes à l'égard de couches entières de la société, comme lorsqu'il reprochait aux Allemands de rechercher l'équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Lundi, avant de parler devant la presse, il analysera avec les autres dirigeants du parti le "désastre", selon ses mots, de sa formation au Mecklembourg.

M. Merz, 70 ans, n'est au pouvoir que depuis 16 mois mais son impopularité flirte avec les 90%, un record.

S'il est intervenu dès dimanche soir à la télévision allemande, chose exceptionnelle pour des élections régionales, c'est pour tenter de consolider sa position, selon le professeur de politique Oliver Lembcke, interrogé par l'AFP.

C'est une tentative de "diriger en étant sur la défensive, d'empêcher qu'un débat sur la personne ne se déclenche", a-t-il estimé.

Le chancelier a lui jugé dimanche soir que ses réformes "sont l'antidote contre le poison de l'autoritarisme", référence à l'AfD, accusé de collusion avec les milieux néonazis.

"Merz a clairement confirmé le cap des réformes, liant ainsi encore davantage son avenir politique à leur réussite. Mais afficher sa détermination (...) ne remplace ni la capacité à s'imposer, ni des résultats concrets", estime le professeur Lembcke.

- Faire mieux -

D'ailleurs, M. Merz met régulièrement en avant les succès de son durcissement de la politique migratoire allemande, mais jusqu'ici, les électeurs partis à l'AfD ne sont pas retournés vers la CDU.

De son côté, le parti d'extrême droite jubile, lui qui désormais caracole aussi en tête des sondages nationaux, flirtant avec les 30%, une dizaine de points devant la CDU.

"Nous sommes la principale force (politique), nous avons atteint le milieu de la société", a-t-elle dit.

Autre difficulté, M. Merz va devoir aussi s'entendre sur la marche à suivre avec son allié social-démocrate, également impopulaire et avec qui les relations sont difficiles malgré leur mariage de raison pour gouverner dans la foulée des législatives de 2025.

"Je trouve que nous devons regarder ces résultats avec humilité et nous interroger sur ce que nous pouvons faire autrement et mieux", a dit son ministre des Finances et dirigeant social-démocrate, Lars Klingbeil.

O.Sallow--MC-UK