Le surfeur Kauli Vaast veut "défendre" son titre aux JO de Los Angeles
"J'ai hâte de défendre mon titre": le surfeur Kauli Vaast, sacré aux Jeux olympiques de 2024 sur la vague de son enfance, Teahupo'o à Tahiti, se projette déjà sur les JO-2028 de Los Angeles, porté par de "bons résultats" sur le Championship Tour (CT).
Le Tahitien de 24 ans, rencontré par l'AFP sur le spot de Lower Trestles, site de l'épreuve de surf des prochains Jeux au sud de la mégapole californienne, vit sa première année au sein du circuit élite du surf mondial et nourrit l'ambition de "remporter une étape un jour".
QUESTION: Avez-vous tourné la page des Jeux olympiques de Paris et votre médaille d'or, il y a deux ans ?
REPONSE: "Oui, je suis sorti de ma bulle parce que j'ai eu d'autres objectifs et j'ai pu me concentrer dessus pour mettre de côté les JO-2024. Mais là, ça revient petit à petit, vu qu'on est à deux ans des prochains JO. J'ai hâte de pouvoir essayer de me qualifier encore une fois et de tenter d'accomplir la même chose, de défendre mon titre."
Q: Il y a deux ans vous étiez chez vous, à Teahupo'o à Tahiti que vous connaissez par cœur. Ici, à Los Angeles, le spot est très différent, à quel point ça rebat les cartes ?
R: "Tout est différent : le sable, la température de l'eau... Tout est à l'opposé. Mais c'est une vague de classe mondiale, tout le monde rêve de vouloir faire une compétition ici. Ce n'est pas tous les jours qu'on participe aux JO donc le fait de se qualifier ce serait génial, et ce n'est pas si mal de changer (d'endroit). Tahiti, c'était l'opportunité d'une vie, je ne sais pas si ça se reproduira un jour mais voilà, on passe à autre chose maintenant. Ce sera de nouveaux Jeux, une nouvelle année, dans un nouveau pays."
Q: C'est votre première année sur le CT (le Championship Tour, le championnat du monde de surf), vous avez terminé plusieurs fois à la 5e place, quel est votre objectif d'ici la fin de saison ?
R: "Cette année, elle est particulière parce que je suis un "rookie" sur le tour, c'est tout nouveau, donc je dois m'adapter. J'ai eu des bons résultats, j'espère continuer jusqu'à la fin de l'année et me qualifier à nouveau pour rester sur le CT l'an prochain. J'apprends beaucoup, je m'éclate, je suis vraiment heureux d'avoir cette opportunité et de surfer ce genre de spot (comme Trestles Beach, où auront lieu les JO-2028 de surf, ndlr). Mais je veux travailler encore plus pour essayer d'aller gagner une étape un jour, ça c'est mon objectif."
Q: Y a-t-il de l'usure, de la fatigue d'enchaîner les étapes ?
R: "On a beaucoup d'étapes, 12 dans l'année. C'est intense, surtout avec des pays qui sont assez éloignés. On n'a pas trop de temps pour voyager, s'entraîner, commander les planches. Donc c'est une année où tout est non-stop (...). C'est un peu compliqué, ça fatigue, mais c'est pour ça qu'il faut s'adapter et être préparé physiquement et mentalement pour pouvoir enchaîner au mieux."
Q: Vous réalisez un stage de préparation olympique, à Lower Trestles, le site des prochains JO, avec les coachs de l'équipe de France. Qu'est-ce que ça vous apporte ?
R: "On a beaucoup de chance. Grâce à la fédération (française de surf, ndlr), on a pu organiser ce stage olympique et c'est une super opportunité pour s'entraîner (...). Et puis avec Marco (Mignot, l'autre français sur le circuit, ndlr), on s'entend hyper bien. On est tout le temps ensemble. Le rêve c'est de pouvoir être tous les deux en équipe de France dans deux ans."
Q: Avec une nouvelle médaille d'or ?
R: "Ce serait top d'en avoir une deuxième ! C'est bien mentalement de se dire que j'ai eu mon moment (...) ça me motive encore plus de me dire: +Ok, si je l'ai fait une fois, alors je peux le refaire+."
N.Walker--MC-UK