Marathon de Berlin: blessée, Assefa manque le record du monde mais s'impose une troisième fois
En avance sur les bases du record du monde jusqu'au passage du 40e kilomètre, l'Éthiopienne Tigst Assefa s'est blessée au tendon d'Achille droit dimanche à la fin du marathon de Berlin, remportant toutefois la course pour la 3e fois, mais sans record.
En franchissant la ligne d'arrivée en 2 heures 11 minutes et 4 secondes, Tigst Assefa a réalisé dimanche le troisième meilleur temps de l'histoire du marathon chez les femmes, derrière les 2h09:56 de la Kényane Ruth Chepngetich en octobre 2024 à Chicago et les 2h10:51 de l'Éthiopienne Fotyen Tesfay en mars à Barcelone.
Elle a même abaissé son record personnel d'une cinquantaine de secondes, celui qui lui avait permis de pulvériser il y a trois ans, et déjà à Berlin, le record du monde en 2h11:53, plus de deux minutes plus rapide que la précédente meilleure marque pour devenir la première sous les 2h12.
Mais dimanche, dans de bonnes conditions météorologiques (une quinzaine de degrés), la vice-championne olympique 2024 et du monde 2025 du marathon était en passe de réaliser une nouvelle performance supersonique, pour effacer des tablettes le record du monde de Chepngetich, actuellement suspendue jusqu'au 19 avril 2028 (trois ans), pour un contrôle positif à l'hydrochlorothiazide, un diurétique interdit, intervenu le 14 mars 2025.
Accompagnée par plusieurs meneurs d'allure, Assefa a été sur les bases de 2h10 pendant le premier semi-marathon bouclé en 1h04:57, avant, comme à son habitude, d'accélérer dans la seconde moitié de course.
Elle a compté jusqu'à une vingtaine de secondes d'avance sur les bases du record du monde, pouvant espérer ainsi un chrono stratosphérique autour des 2h09:30.
- Adola s'impose chez les hommes -
Mais à l'approche des trois derniers kilomètres, elle a commencé à grimacer, puis à boiter.
Au passage du 40e kilomètre, elle était encore onze secondes plus rapide que le temps de passage de Chepngetich, mais la douleur était trop forte pour pouvoir espérer un record du monde.
Après avoir franchi la ligne d'arrivée en lauréate, elle s'est assise et a enlevé ses chaussures.
Pour quitter la zone, elle a pris appui sur son compatriote Haile Gebrselassie, légende du fond et du marathon, ancien détenteur du record du monde et quadruple lauréat à Berlin entre 2006 et 2009. Elle n'a ensuite pas participé à la cérémonie du podium après la course, pour être soignée.
"Elle a été immédiatement prise en charge par nos médecins. Il y a quelque chose avec un tendon et elle est actuellement soignée à l'hôpital", a expliqué en conférence de presse, le directeur de la course Mark Midle.
Il a précisé auprès de l'AFP qu'il s'agissait du tendon d'Achille de la jambe droite, sans donner la nature exacte de sa blessure.
A 29 ans, Assefa s'impose pour la troisième fois à Berlin après 2022 et 2023, confirmant qu'elle est l'une des meilleures marathoniennes de la planète.
En grands championnats, elle a été battue à deux reprises au sprint, devant se contenter de la médaille d'argent. En 2024, sur le redoutable parcours des Jeux olympiques à Paris, elle avait été seulement devancée par la Néerlandaise Sifan Hassan, alors qu'aux Mondiaux-2025 à Tokyo, elle avait cédé face à la Kényane Peres Jepchirchir, championne olympique en 2021 dans la capitale japonaise.
Chez les hommes dimanche, en l'absence sur blessure du Kényan Sabastian Sawe, premier homme sous les deux heures en marathon (1h59:30 à Londres en avril), la course a été longtemps menée sur une allure de 2h02.
L'Éthiopien Guye Adola, 35 ans, a remporté pour la 2e fois la course dans les rues de la capitale allemande après 2021, en 2h02:50, améliorant son record personnel de plus d'une minute.
S.Harris--MC-UK